Kalachakra Info

Mai/juin 2026
 

Paroles de nos Maîtres, Lama  Zopa Rinpoché

Pour une "Éducation Universelle" : genèse et spécificités d'un engagement dédié au bien de tous

Cet extrait d'un entretien avec Lama Zopa Rinpoché a été publié en mars 2026 par le site Lama Yeshe Wisdom Archive (traduction et arrangements par Franck).


“Cette notion d’ “Éducation Universelle” a été créée par mon maitre Lama Yéshé, il était accompagné alors d’une moniale nommée Connie. Enseignante, Connie adore travailler avec les enfants. L’objectif d’une école devrait être de développer chez les enfants une nature empreinte de compassion ainsi que la qualité d’amour bienveillant, afin qu’ils développent la sensibilité d’une responsabilité universelle. Dans l’idéal, les amener à ce qu’ils se disent, “J’ai la responsabilité de libérer les autres de leurs problèmes”, et de les aider à développer ces qualités. Ainsi, ils arrêteraient de faire du mal à autrui et n’agiraient que pour leur bien. Dans la mesure où l’esprit ne s’arrête jamais et qu’il nous accompagne de vie en vie, en le transformant positivement, il affectera positivement nos vies futures. Et les enfants sont tout à fait capables d’être bénéfiques aux êtres sensibles et de les amener à la libération et à l’éveil. Même si beaucoup de personnes ne peuvent pas comprendre cela, notre objectif demeure de créer les causes de moins en moins de souffrance, et de plus en plus de bonheur. Cela apporte la paix et la joie au sein de la famille, de la nation, de la société et du monde. 


Il y a tellement de violence dans le monde… En Floride par exemple, il y a eu récemment une tuerie commise par un enfant dans une école. Et dans la ville de Columbia, dans laquelle nous avons un centre du dharma, il y a souvent des meurtres. Ce qui a manqué dans les écoles, c’est l’apprentissage de l’amour bienveillant et de la compassion. Même si les élèves apprennent beaucoup, il leur manque ces précieuses qualités. S’ils pouvaient les développer, alors ils seraient bénéfiques aux autres. Regardez par exemple Oussama Ben Laden. Sa Sainteté le Dalaï-Lama a dit que Ben Laden était très intelligent, mais ceci a accru le mal qu’il a fait. Ce n’est pas de cela que nous voulons. Nous voulons que l’intelligence soit au service du bien d’autrui. Alors qu’il y a tellement de violence dans les écoles, que les enseignants ont du mal à contrôler les enfants et que la drogue est partout, nous proposons de notre côté un programme d’ ”Éducation Universelle”.


La notion d’ “Éducation Universelle” se fonde sur trois grands principes. Le premier est de développer le bon cœur. Nous fournirons des supports écrits qui expliqueront comment développer le bon cœur. Deuxièmement, nous favoriserons l’inspiration en présentant les biographies de certaines personnes, religieuses ou non, qui sont des exemples de compassion dans le monde, comme Gandhi ou Saint François d’Assise. Nous y inclurons les précédentes vies du Bouddha, comme lorsqu’il était bodhisattva et qu’il était bénéfique aux êtres en leur offrant ses possessions ou son corps. Nous pourrions exposer ces vies inspirantes sous la forme de pièces de théâtre, afin d’aider les enfants à ce qu’ils en fassent des modèles, ce qui leur sera très bénéfique.


Le troisième grand principe de l’Éducation Universelle est la philosophie, l’idée étant de développer une compréhension plus profonde de ce qu’est l’esprit, en s’appuyant principalement sur les enseignements du Bouddha. Il y aura des sujets faciles à appréhender, et d’autres plus complexes. Un jour, je lisais un livre sur la psychologie occidentale, et alors que j’y cherchais une définition de l’esprit, je ne l’ai pas trouvée. On peut trouver une telle définition dans les textes tibétains. Ainsi, comme un scientifique qui recherche toutes les caractéristiques de l’atome, nous favoriserons l’investigation des différents aspects de l’esprit. Certes, à moins d’étudier les plus hauts tantras, vous ne pouvez pas avoir une compréhension complète de ce qu’est l’esprit. Seul le tantra explique l’esprit subtil, les sutras n’en évoquent que ses aspects les plus grossiers. En tout cas, de manière générale, nous nous baserons sur la philosophie du Bouddha, tout en y incorporant des éléments annexes, tels que ceux présentés par l’hindouisme ou d’autres philosophies. Cela sera universel. 


Voilà donc, pour les trois principaux principes de cette “Éducation Universelle”. Tout le reste est optionnel et a pour but d’aider à résoudre les problèmes que rencontrent les êtres. Il y a le feng shui, les techniques favorisant la guérison, le yoga, l’astrologie pour apprendre à se libérer des difficultés en faisant les bonnes choses au bon moment, et enfin la psychologie. On peut ajouter beaucoup d’autres éléments à cette liste, mais ce qui rend tout cela très spécial doit rester le bon cœur.


Nous sommes actuellement en train de publier des livres et surtout d'entraîner des enseignants. Ensuite, nous ouvrirons une école en Orient et une en Occident, peut-être dans des endroits où existe beaucoup de violence, comme à Columbia. Nous avons déjà une école en Californie, au sein du centre de retraite Land of Medicine Buddha. C’est l’école Tara Redwood qui existe depuis trois ans. Le but y est de développer la compassion et la bienveillance, comme par exemple ne pas nuire aux insectes ou aux autres animaux. Au nord de l’Inde, il existe aussi une école d’ “Éducation Universelle” qui se trouve dans l'État du Bihar, je crois la zone la plus pauvre du pays, et dans laquelle il y a beaucoup de violence et de tueries. Il y avait là-bas une école où il se passait des choses très dures. L’école que nous avons créée est empreinte de paix, et notre idée est d’ouvrir d’autres écoles fonctionnant de manière identique dans cette même zone, ainsi que dans d’autres pays.


Quand on rencontre des personnes pour la première fois, elles semblent très gentilles, mais cela ne dure pas. Au bout d’un moment elles deviennent l’inverse. Pour éviter ce retournement, il est possible de prendre certains vœux. Il existe ce qu’on appelle les “16 comportements humains vertueux” [qui ont été adaptés par la suite en “16 Attitudes”]. Il y aussi les vœux de pratimoksha pour se libérer du samsara, les vœux de bodhisattva pour réaliser l’éveil, et pour atteindre rapidement ce même éveil, il existe les vœux tantriques.


Il nous faut pratiquer la bienveillance, pas uniquement vis-à-vis des humains, mais aussi vis-à-vis des animaux et de tous les êtres. Nous devons aussi pratiquer la tolérance et ne pas nuire à qui que ce soit. Les première et deuxième guerres mondiales sont survenues du fait d’un manque de tolérance. Une autre pratique pour cette vie, c’est le pardon. Ceci est très important, car si quelqu’un vous dit quelque chose qui ne vous plait pas, vous pouvez ressentir de la colère et des problèmes relationnels peuvent s’ensuivre. Au bout du compte, vous souffrez par manque de pardon, alors qu’avec le pardon, vous ne gardez pas rancune. Il y avait une femme aux États-Unis dont le fils avait été kidnappé et tué. Malgré cela, elle a indiqué à l’homme responsable de cela qu’elle le pardonnait. La chose la plus difficile à supporter était arrivée à cette femme, et pourtant elle a offert son pardon. Il y a eu aussi cette histoire d’un homme qui s’est fait tirer dessus à deux reprises par un sniper, mais qui a demandé à ce que le sniper ne soit pas condamné à la peine de mort.


La réjouissance est aussi une chose importante au quotidien. Quand nous voyons quelqu’un avec une superbe maison ou une belle voiture, nous devrions penser, “C’est magnifique. Je suis heureux à l’idée que cette personne puisse en profiter.” Lorsqu’une personne désireuse de devenir parent a effectivement un enfant, lorsque qu’une autre qui désire retrouver un ami le retrouve effectivement, lorsque quelqu’un a du succès dans ses entreprises ou gagne à la loterie, bref, à chaque fois qu’un évènement heureux survient, nous devrions nous en réjouir. Dès que vous vous réjouissez, vous créez du mérite. Et avec une simple graine on peut obtenir un arbre immense. La réjouissance crée les causes du succès ; dans cette vie et les suivantes, grâce à votre réjouissance les autres seront bons avec vous. La bonté, cela semble tout bête, mais ses résultats karmiques sont énormes.”
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En ce moment au centre Kalachakra et en relation avec ce projet d'Éducation Universelle, découvrez le programme "Un cœur attentif".

Le billet de la directrice

"Face à l'actualité angoissante, un esprit habile"

"Chers amis,

Il est tout à fait naturel et profondément humain de ressentir de la peur face à une actualité qui suggère la perspective d'une guerre dans nos propres contrées. Cependant, la peur nous contracte, nous isole et nous fait souffrir, alors que la compassion nous ouvre, nous relie aux autres et nous libère.


Réalisons que des millions d'êtres partagent la même peur que nous en ce moment, et utilisons notre propre inconfort pour générer le souhait sincère que tous les êtres soient libérés de la peur. 


La guerre est le résultat collectif de milliers de petites colères, d'attachements et de vues erronées. En travaillant sur nos propres racines de conflit, nous favorisons réellement la fin de la guerre, à un niveau certes subtil, mais fondamental. Puisse le monde être libéré de la guerre et des causes de la guerre !


Joli mois de mai à tous et à toutes !"



Élisabeth

Compassion en action : focus sur un projet caritatif de la Fpmt

Aider les plus pauvres de l'Inde : l'engagement de la vie d'Adrianna Ferranti

Depuis 1989, le "Maitri Charitable Trust" indien est au service des plus pauvres, guidé par sa directrice et fondatrice de longue date. Découvrez l'histoire et l'engagement inébranlable d'Adrianna Ferranti au travers du récit de Donna Lynn Brown, communiqué par la FPMT (traduction et arrangements par Franck). La photo ci-dessous montre Adrianna recevant les bénédictions et les remerciements de Sa Sainteté pour son travail dévoué.

 

Maitri est un projet caritatif de la FPMT situé en Inde, dirigé par Adrianna Ferranti et supervisé par un conseil indien d’administrateurs. Son site principal se trouve à environ cinq kilomètres de Bodhgaya et fournit des services dans tout le district environnant de Gaya dans plusieurs domaines : principalement les soins de santé de base, la lèpre, la tuberculose, l’accompagnement des mères, des enfants et des jeunes femmes, l’éducation, ainsi que le soin des animaux.

Sur son site principal, Maitri soigne la lèpre et la tuberculose, qui restent présentes dans cette région de l’Inde, grâce à un hôpital et une clinique gratuits. Dans cette zone, la lèpre est souvent sous-diagnostiquée et insuffisamment traitée par les autorités publiques, ce qui donne à Maitri un rôle particulièrement important. Certains patients sans domicile vivent également sur place.

À la fois depuis son centre principal et grâce à des cliniques mobiles, Maitri distribue gratuitement des médicaments et du matériel destinés au traitement de la lèpre et de la tuberculose, et fournit aussi des vaccins, notamment contre le tétanos et la rage. L’organisation offre également des soins médicaux de base, ainsi qu’un soutien nutritionnel — vitamines, lait, aliments essentiels, lait infantile — aux femmes enceintes, aux nouveau-nés et aux jeunes enfants. Elle diffuse aussi des informations sur le VIH et d’autres problématiques de santé, éduque les jeunes filles au sujet de leur corps et leur fournit des protections menstruelles, tout en apportant une aide à certaines formes de handicap. Cela comprend par exemple des lunettes ou des chaussures adaptées aux personnes souffrant de déformations liées à la lèpre.

Les cliniques mobiles atteignent des zones pauvres dépourvues de centres de premier secours ; elles proposent parfois des services d’ambulance en plus des soins directs. Maitri aide également des familles extrêmement pauvres à survivre aux hivers rigoureux de Bodhgaya, en distribuant chaque année nourriture, compléments alimentaires et couvertures à des centaines de personnes chaque année, ainsi que des vêtements chauds et des couvertures aux élèves de son école.

Maitri gère en effet une école dans le village de Fulchatar, à environ quinze kilomètres de Bodhgaya. Il s’agit d’une collaboration avec les habitants du village : ceux-ci ont construit et entretiennent le bâtiment, tandis que Maitri fournit les enseignants, les livres et le matériel scolaire. L’école accueille environ 125 élèves du CP au CM1, dont la plupart appartiennent à des castes dites « intouchables ». Les autres écoles étant trop éloignées pour que ces jeunes enfants puissent s’y rendre à pied, ils peuvent ensuite intégrer des écoles publiques après la quatrième année.

L’école de Maitri enseigne à la fois le programme en vigueur dans le pays, ainsi que des valeurs morales. Les enseignants rapportent que, lorsque les élèves rejoignent d’autres écoles, ils sont souvent en avance sur leurs camarades, et que de jeunes adultes ayant fréquenté cette école dans leur enfance ont ensuite trouvé de bons emplois, notamment dans la police. Les villageois soutiennent l’école en raison de ses résultats.

Adrianna supervise tout cela depuis la véranda de sa vieille maison en briques de terre située sur le site de Maitri. Munie de deux téléphones et épaulée par Kanchan, sa fidèle collaboratrice, elle s’occupe de l’hôpital et des cliniques, de 24 employés — dont beaucoup parcourent les villages pour dispenser des soins —, de 70 à 80 chiens, pour la plupart handicapés, ainsi que de nombreux autres animaux. Elle collecte également les fonds nécessaires au fonctionnement de Maitri et affronte la bureaucratie complexe de l’Inde.

Quelques mots sur l’histoire d’ Adrianna. En 1979, elle se rendit à l’Institut Lama Tsongkhapa à Pomaia, où elle rencontra Lama Thubten Yeshe et Lama Zopa Rinpoché. Elle comprit qu’elle était enfin chez elle. « Rinpoché s’est révélé à moi — c’était incroyable », dit-elle en souriant. Mais elle n’avait pas encore trouvé dans la vie un rôle qui exprime profondément ce qu’elle sentait être. En 1980, elle vit par hasard un documentaire sur l’Afrique montrant un prêtre soignant les plaies d’un malade atteint de la lèpre. « J’ai compris », raconte-t-elle. « J’ai compris instantanément, comme un éclair. Une révélation. C’était mon rôle, ma voie, ce que j’étais. »

Elle suivit alors une formation sur la prise en charge de la lèpre, mais pour servir des patients atteints de cette maladie dans une région d’Inde, elle devait obtenir un visa ainsi qu’une autorisation gouvernementale. Rinpoché lui suggéra de travailler dans la région de Gaya / Bodhgaya. En 1989, fraîchement munie de cette autorisation, elle commença à proposer des services liés à la lèpre depuis Katmandou tout en attendant son visa indien ; elle s’installa à Gaya en 1990 une fois celui-ci obtenu. En 1998, elle acquit le terrain actuel de Maitri. Le terrain et les bâtiments furent rapidement bénis par Rinpoché, et une forêt fut plantée afin d’améliorer l’environnement. « Ce travail m’est venu naturellement », raconte-t-elle, « et j’étais heureuse, mais c’était incroyablement difficile… J’étais seule, je faisais tout, même conduire la jeep des cliniques mobiles. C’était une vie dure, mais j’avais un sens profond du but. »

Depuis lors, Adrianna supervise les programmes de santé et d’éducation de Maitri tout en prenant soin de dizaines d’animaux abandonnés ou blessés et, à la demande de Rinpoché, en installant neuf stupas ainsi que d’autres supports de bénédictions destinés aux patients, au personnel, aux animaux et à toute la région environnante.

Les fonds sont venus de diverses sources, y compris parfois de Rinpoché lui-même, même si la collecte de fonds a toujours été un défi. « C’est uniquement grâce à la foi que j’ai continué », explique-t-elle. « Il n’y a jamais eu de sécurité. Mais je pensais que tant que je faisais ce que j’avais à faire, les ressources viendraient. Et c’est visiblement ce qui s’est passé, puisque je suis toujours ici ! »

Adriana fait partie des rares personnes de la FPMT qui consacrent leur vie à l’engagement social. Elle travaille dans cette région difficile de l’Inde depuis près de quarante ans, et sa pratique du Dharma l'aide beaucoup — souvent une pratique de patience face aux difficultés : problèmes juridiques liés aux terrains de Maitri ; complications avec les autorités, les permis et les visas ; manque d’argent ; difficultés à former et conserver le personnel ; casse-tête de la continuité des services pendant la pandémie ; vols et corruption ; ainsi que les risques spécifiques liés au fait d’être une femme dirigeant une ONG en Inde.

Big Love - Morceaux choisis  #52


Conduire avec "Lama"

Chaque mois, nous vous proposons un extrait en français de "Big Love", la fameuse biographie de Lama Yéshé (Traduction par Michelle).

L'extrait suivant évoque la manière toute personnelle qu'a Lama Yéshé de conduire une voiture ! 

  

" La vie avec Lama Yéshé ne manquait jamais de piquant. Peter Stripey, qui avait un commerce dans la mode à Melbourne, fut l’un des tout premiers clients du commerce d’export de Roger Wheeler à Kathmandou. Comme Lama l’avait récemment aidé à trouver une statue de Tara à Delhi, Stripey voulut lui rendre la pareille et lui acheta une petite Fiat 500 rouge qu’il fit parvenir à Chenrezig Institute (Australie) par le train. Yéshé Khadro et Jhampa Zangpo, qui étaient arrivés de Kopan deux mois auparavant, eurent la tâche non enviable de lui apprendre à conduire. Pour sûr, tout ce dont Lama manquait en termes de savoir-faire, il le compensait par un enthousiasme intarissable. Dans l’air pur de la campagne, le rugissement d’un moteur vrombissant à l’excès et le grincement des roues fournirent à Rinpoché un bruit de fond pour ses enseignements de Lamrim. Au grand dam de Yéshé Khadro surtout, Lama, tout en fonçant sur la route, ôtait souvent ses mains du volant, se tournant vers elle avec un large sourire. Jhampa Zangpo qui, lui aussi, crevait de peur, rapporta : « Lama dit avoir été surexcité, mais ses facéties faisaient se dresser les cheveux sur la tête. C’était un être tellement passionné qu’il ne trouvait absolument aucun intérêt à faire les choses lentement. »

Tandis qu’il conduisait seul un autre jour, Lama accéléra au lieu de freiner dans un virage et quitta la route dans une pente raide. Un voisin, témoin de cette mésaventure, descendit en rampant rejoindre Lama Yéshé qu’il trouva en train de faire inutilement vrombir le moteur. Lama se précipita hors de la voiture par la porte du passager et regagna sa maison, laissant deux étudiants discrets hisser la petite voiture jusqu’à la route.

Lama était enchanté des progrès réalisés à Tchenrézig, mais il avait d’autres plans pour le centre. Il n’était pas impressionné par les petites cabanes hippies en forme de A sur les lieux, il voulait qu’on érige un bâtiment de cinquante chambres. Yéshé Khadro raconte : « Lama m’en parla une nuit et le lendemain matin suivant, me demanda ce que j’avais entrepris pour ce faire. Il m’en voulait presque que rien ne se soit passé dans la nuit. J’éclatai en sanglots. Je ne pouvais pas en supporter plus. Il le comprit et s'excusa. Nous avons alors parlé des difficultés dues au fait que nous n’avions pas d’argent. Lama me donna une représentation d’une déité de la fortune à tête d’éléphant ; c’était Ganesh, connu aussi sous le nom de Ganapati, qu’il me dit de prier pour obtenir de l’argent. Le jour suivant, un étudiant proposa un prêt de 10000 dollars. Quelques jours plus tard, un autre étudiant offrit un montant équivalent. Cela nous permit de construire douze chambres doubles dans un bloc de motel.

Peter Fenner revint à Tchenrézig pour devenir moine. Sa femme Denise n’en était pas particulièrement ravie. Elle explique : « Lama lui dit qu’il devait me demander la permission. Je la lui donnais mais ensuite, je paniquai complètement car j’étais convaincue que j’étais censée faire deux filles or je n’en avais qu’une. Il fut finalement décidé que Peter pourrait prendre les vœux dès que je serais enceinte à nouveau. Lama m’envoya des pilules bénies pour assurer la conception et d’autres pour favoriser une naissance aisée. Je tombai instantanément enceinte. Ce fut confirmé deux jours plus tard et Peter s’en alla pour Kopan. »

« Je demandais l’impossible et Lama me répondit que je pouvais l’avoir », dit Peter. Après qu’il fut ordonné au monastère de Séra dans le sud de l’Inde, Peter revint vers sa femme lourdement enceinte et le couple vécut en parfaite abstinence pendant neuf années supplémentaires pendant lesquelles Peter réalisa un master et remporta une bourse d’étude pour faire un doctorat. Pendant ce temps, Denise, qui continuait de faire preuve de bon sens, insistait, s’opposant ainsi au désir de Peter, pour que les couches soient lavées avant ses robes. En 1980, Khenpo Ngawang Légdèn, qui avait été enseignant à Buxa et était devenu l’abbé de Séra, s’installa chez les Fenner à Brisbane. Il se déclara satisfait que Peter respecte les règles monastiques, en effet, le toit à double pente de leur vieille maison de style Queensland signifiait qu’ils vivaient de fait sous des toits séparés."

   Juin au centre Kalachakra


Retrouvez ci-dessous le tableau des activités du mois de juin,
puis les suggestions d'Arnaud concernant les évènements marquants.   

 

En juin au centre Kalachakra :

  • Après la fin de la récitation du soutra de la lumière dorée chaque lundi, dès le 25 mai les récitations hebdomadaires du mantra de Tchenrezi (le “mani”) reprendront. Nous participons à la retraite organisée dans toute la FPMT pour fêter ses 50 ans et viser à réciter 100 millions de mantras. Les récitations seront dédiées au prompt retour de Lama Zopa Rinpoché et offertes à Sa Sainteté. Venez nous aider !

  • Deux belles retraites de week-end auront lieu du 5 au 7 juin avec nos enseignants très appréciés de Saint Cosme : “Affronter la peur avec courage” en compagnie de François, et “les 12 liens d'interdépendance” avec Vén. Gyaltsen. La première nous amènera à explorer cette émotion et développer ses antidotes. La seconde approfondira cet enseignement fondamental du Bouddha pour mieux comprendre les mécanismes de la souffrance dans le samsara et, sur cette base, développer une motivation très forte à pratiquer et une immense compassion pour tous les êtres.

  • Le 21 juin, Vénérable Gyaltsen guidera une journée de “Méditations sur la voie”. Conçue comme une mini retraite à Paris, elle alternera différentes méditations analytiques pour développer la grande compassion et la bodhicitta.

  • Le 27 juin, Virginie CB et Anne-Sophie nous guideront sur la manière de reconnaître, accueillir et transformer nos émotions.

  • Le 28 juin, notre petite communauté se retrouvera comme chaque année pour partager un repas convivial et se réjouir de tout ce que le centre a apporté à chacun(e). Cette année, comme à Noël dernier, nous aurons le plaisir d'écouter Grégory Stark au piano.

 Rencontre avec Miléna


"Je m'identifie beaucoup à l'éthique et aux valeurs du centre" 
Miléna est la nouvelle cuisinière du centre de retraite. Propos recueillis par Arnaud.

                  Comment t'es-tu retrouvée impliquée au centre ?


"C'est à travers ma mère, Magali, qui travaille depuis cinq ans au centre. J'y étais venue une fois ou deux auparavant, et dès le début j'étais tombée amoureuse de ce lieu magnifique. L'an dernier j'ai déménagé à Mamers. À l'époque, je cherchais du travail et quand le poste pour la cuisine s'est ouvert, j'ai postulé. J'ai d’abord commencé comme bénévole l'été dernier, et je me suis formée. Depuis avril, je suis donc la cuisinière.


Quand j'étais petite je voulais être pâtissière, j'ai failli aller dans un lycée hôtelier mais cela ne s'est pas fait. C’était un métier auquel je ne pensais plus du tout, mais malgré moi la cuisine m'a retrouvée [rires] !. Et j’ai vraiment retrouvé le plaisir et la joie de pratiquer.


Comment ça se passe au quotidien ?


En amont des retraites, je prépare les menus et les commandes avec Magali. Il faut faire attention à ce que ce soit équilibré et prendre en compte les restrictions. Puis pendant les retraites, il faut préparer les repas du midi et du soir. Pour le déjeuner servi à midi, je commence à préparer dès 8h du matin et pour le dîner, dès 16h. Quand on a de grands groupes, des participants m'aident en épluchant et en coupant les légumes.


Est ce que tu es impliquée au-delà de cela ?


J’ai vu avec Julien [le salarié du centre de retraite qui s'occupe de la maintenance du centre et qui grâce à ses multiples talents a construit et réparé énormément de choses] pour étendre le jardin d'herbes aromatiques et mieux profiter des quelques arbres fruitiers et de ce qui pousse au centre. C’est une vraie chance de pouvoir cuisiner avec des produits de très bonne qualité, qu’ils soient produits dans les environs ou même issus du jardin !


À part ça, je ne travaille pas souvent directement avec les autres salariés ou les bénévoles. Mais régulièrement on mange tous ensemble. Parfois, un sujet du dharma est choisi et c’est intéressant de les écouter débattre. Même si je ne suis pas attirée par les retraites ou les enseignements, je m’identifie beaucoup à l’éthique et aux valeurs du centre, d’un point de vue humain.


L'ambiance est très sympa et les personnes très accueillantes, que ce soit les salariés, les bénévoles ou les participants aux retraites. Cela joue beaucoup dans le fait d’avoir choisi ce poste et dans le fait que je me sente bien ici. Ce n'est vraiment pas un boulot comme les autres.


Et travailler avec sa maman, ce n'est pas trop dur ?


C'est un challenge c'est vrai, mais cela aide aussi à être à l'aise. Il y a les temps où on est en famille et les temps où on est au travail. Je crois qu'on sait poser les limites. 


Comment tu vois la suite ? 


Je me sens vraiment bien ici, j’ai l’impression de m’épanouir professionnellement autant que personnellement et j'aimerais que ça continue."

Séquence rétro : dans les archives du centre Kalachakra


Chaque mois, nous ressortons du grenier une ou plusieurs photos qui nous rappellent de beaux moments.

Lors du premier week-end de mai, nous avons eu la chance de recevoir à nouveau Vén. Robina. Grâce à elle, nous avons pu approfondir notre compréhension et développer cette vertu cardinale qu'est la compassion.  Thank you so much and best wishes !

La lettre de la fpmt