Kalachakra Info
Février/mars 2026
2153 : année du cheval-feu
Paroles de Maîtres, Lama Yéshé
"Pour vivre de la meilleure manière possible, nous avons besoin de nous relier à la bodhicitta"
Ce texte est un extrait d'un enseignement sur l'importance de l'esprit d'éveil, donné à l'occasion d'une cérémonie de prise des vœux de bodhisattva, à l'Institut Chenrezig en Australie le 14 septembre 1979 (traduction et arrangements par Franck).
“D’un point de vue bouddhiste, il est très important de développer l’esprit d’éveil. Parce que sans une attitude qui permet de transformer les actions de notre vie quotidienne, la vie peut être une catastrophe. Que vous viviez en couple ou célibataire, vous n’avez pas le choix que d’être relié aux êtres humains. Même au fin fond des Himalayas, vous êtes connecté aux êtres sensibles, aux humains. Il n’y a aucun endroit où vous pouvez aller sans être en leur contact. Puisque toutes les actions, bonnes ou mauvaises, dépendent de notre attitude, c’est donc très important d’avoir la bonne attitude. Et pour transformer nos vies, vivre de la meilleure manière possible, nous avons absolument besoin de nous relier en permanence à cette parfaite attitude qu’est l’esprit d’éveil, la bodhicitta.
En revanche, on ne peut que constater comment en Occident, les gens consacrent la plupart de leur temps, ou de leur vie, aux plaisirs des sens. Vous en rendez vous compte ? C’est très facile de comprendre pourquoi les occidentaux sont facilement déprimés ou s’entre-tuent ; c’est parce que leur objectif dans la vie est extrêmement limité : profiter des autres. Ils n’ont pas d’autre intérêt. Vous comprenez ? Ça, c’est leur vie. Un esprit glacial, étroit. “JE dois profiter de CETTE femme, de CET homme.” C’est une attitude complètement erronée. Il y a ainsi tant de millions de femmes et d’hommes qui ont une telle attitude névrotique, une vue fausse, fanatique, un tel auto-chérissement, incapable de voir au-delà des étroites limites du “moi”. Et leurs vies sont si vides, si vides.
C’est difficile à croire, ce qu’il se passe en Occident. On fait tellement d’efforts pour accroitre ses biens matériels. “Si je fais comme ceci, ce sera mieux pour moi. Et pour cet autre sujet, si je fais comme cela, ce sera mieux pour moi.” [Lama Yéshé bouge son corps de différentes manières] Penser, agir de cette manière est complètement erroné. Comme ceci, comme cela, qu’est-ce que cela fait, comme différence ? Bien sûr, d’un point de vue relatif, il y a une différence. Mais tout ça ne peut pas vous rendre heureux. N’est-ce pas ? Et pourtant on persiste de la même manière…
C’est très utile de regarder la réalité de la vie occidentale en face, la façon qu’ont les occidentaux de vivre leur vie. Si vous regardez vraiment ce qu’il se passe, cela va vous faire un choc. Elle n’est pas heureuse, la vie en Occident, vraiment pas. Et j’en suis désolé. Même si vous pensez que votre vie est heureuse, ceci est faux. Je ne dis pas que j’ai sondé chaque personne individuellement et que j’ai découvert que chacune était malheureuse. Je parle en général.
En Occident on agit selon une sorte d’attitude instinctive. Sans vérifier, sans observer. On fait juste des trucs instinctivement, et on tourne en rond. Cela m’attriste. Il n’y a aucune mise en perspective, aucune analyse de ce qui se passe. C’est dangereux.
Et quand les occidentaux commencent à méditer, à regarder leur attitude, ils ne peuvent que constater : “Mais qu’est-ce que j’ai fait ?” Et cela les rend fous. Ils commencent à réaliser qu’ils tournaient en rond comme ça, et soudain…. Pam ! [Lama fait des cercles dans les airs avec son doigt, puis l’approche de ses yeux, montrant ainsi que les gens tournent en rond jusqu’à ce que soudainement ils en prennent conscience pour la première fois] Ils sont sous le choc. C’est très important de voir cela, puis de prendre un peu de recul.
Il est par conséquent bon d’apprendre à changer ses comportements instinctifs en une attitude qui permet de transformer la vie quotidienne. C’est l’attitude qui mène aux actions. Tout mouvement du corps ou de la parole prend sa source dans les attitudes de l’esprit. Et pour transformer votre attitude, il vous est nécessaire de développer de l’observation, des efforts, et de scruter votre motivation."
La suite de l’enseignement est disponible sur ce lien (en anglais).
Le billet de la directrice
"Pratiquer le dharma dans un monde en tumulte, c'est le défi ultime"
"Chers amis,
On imagine souvent la pratique du dharma comme une retraite silencieuse, au sommet d'une montagne, alors que la réalité nous demande de rester zen dans les bouchons ou de gérer une boîte d’e-mails qui déborde ! Mais en fait, pratiquer le dharma dans un monde en tumulte, c'est le défi ultime.
La bonne nouvelle, c'est que le tumulte n'est pas l'ennemi de la pratique, il en est le terrain d'entraînement. Pratiquer dans l’agitation du monde, c'est comme soulever des poids plus lourds : on gagne en muscles spirituels bien plus vite. Le tumulte du monde est un miroir. Si quelqu'un nous irrite, c'est une opportunité d'observer l’attachement à notre ego ou à notre confort. Il faut accepter que le monde soit imparfait et impermanent, et choisir d'y répondre par la clarté plutôt que par la confusion.
Essayons de créer un refuge chez soi : un simple coussin, une image inspirante suffisent. Ce lieu devient notre ancrage, un rappel visuel que notre intention dépasse l’agitation extérieure.
Le sage dit que le calme n’est pas l'absence de bruit, mais la présence de la paix au sein même du bruit."
Élisabeth
Tradition des débats : Sa Sainteté au monastère de Drepung
"Comme une immense bénédiction offerte à tous les moines participants, Sa Sainteté le Dalaï-Lama a assisté à la session annuelle des débats “Jang” [académiques], qui s’est tenue au Monastère de Drepung en Inde du sud [en janvier 2026]. 2000 moines venus de plus d’une vingtaine de monastères y ont participé.
La tradition d’une session annuelle de débats remonte au temps de Lama Tsongkhapa, et s’est poursuivie jusqu’en 1959. En 1981, les abbés actuels et précédents des trois plus grands monastères se sont rencontrés afin de faire revivre la tradition. Cependant, pour des raisons financières, seuls 200 moines ont pu participer. Sensible au caractère important de cette tradition qui confronte les meilleurs érudits sur leur compréhension des enseignements les plus profonds du Bouddha, Lama Zopa Rinpoché, par l’intermédiaire du Fonds Enseignants Lama Tsongkhapa, est devenu le principal donateur de ce débat il y a plus de vingt ans. Vous pouvez découvrir davantage d’informations sur l’histoire des débats Jang sur ce lien.
Parmi les participants de la sangha on trouve des moines venus des monastères de Sera, Ganden, Drepung, Tashi Lhunpo, Gyumed, Gyuto, Zongchoe, Rato, Sedgyu, et Namgyal, ainsi que des moines venant d’autres monastères “non-sectaires” d’Inde, du Népal ou du Bhoutan. Des milliers de moines se rassemblent à chaque fois dans ce programme hivernal de débats.
Le principal sujet étudié durant cette session portait sur la logique (pramana). L’étude est basée avant tout sur les travaux du grand maitre indien Dharmakirti, tels que :
Tsema Namdrel - le Pramāṇavārttika (Le commentaire sur la cognition valide)
Tsema Namnye - le Pramāṇasamuccaya (Le compendium sur la cognition valide)
Rigthik - le Tattvasaṅgraha (L’essence de la logique)
De plus, d’autres travaux sont étudiés, tels que ceux de Dignaga sur le Pramāṇasamuccaya, ainsi que d’importants commentaires indiens et tibétains tels que :
Tharlam Sal-byed (L’éveil du chemin de la libération) de Gyaltsab Rinpoche
Tika Chen Rigpai Gyatso (Le grand commentaire, Océan du raisonnement) de Khedrup Je
Tsadma Deden Yikyi Munsel (Dissiper l’obscurité de l’esprit par l’étude des sept traités de pramana)
Tsadma Riggyen (L’ornement de la logique) de Gyalwa Gendun Drub
Le monastère de Sera Je a récemment publié une communication à propos de l’histoire de cette puissante tradition, ainsi que l’emploi du temps et les activités du programme : les débats débutent chaque jour à 8h45 et se poursuivent jusqu’à 22h30, voire bien souvent au-delà de minuit. Prières, enseignements et six sessions de débats se succèdent tout au long de la journée. La communication inclut aussi de chaleureux remerciements à la FPMT pour toutes ces années de soutien :
“Nous voudrions exprimer notre grande gratitude pour le généreux soutien financier qui a été fourni sans interruption durant de nombreuses années pour promouvoir et renforcer l’éducation monastique en général, notamment via le programme annuel dédié aux débats. Cette aide a été d’un grand bienfait pour les centres d’étude ainsi que pour la communauté monastique.
Durant nos assemblées, nous dédions régulièrement nos prières afin que toutes les activités de la FPMT se poursuivent de manière harmonieuse et sans obstacles.”
Big Love - Morceaux choisis #49
La statue de Tara
Chaque mois, nous vous proposons un extrait en français de "Big Love", la fameuse biographie de Lama Yéshé (Traduction par Michelle).
L'extrait suivant évoque le lien privilégié entre "Lama" et Tara, qu'il souhaitait partager avec ses étudiant(e)s.
"[…] L’après-midi de Noël 75, Thoubtèn Pémo fit tout pour convaincre Connie Miller, une étudiante venue rendre visite à son ami Karuna Cayton, de participer à la retraite de Lamrim qui commençait. Elle se laissa tenter quand Pémo lui dit que Lama allait donner une initiation de Tara verte très bientôt. En effet, le sujet de thèse sur lequel travaillait Connie était en lien avec les déités féminines dans le bouddhisme tibétain, notamment Tara.
[…] Pémo se rappelle : « Un jour de janvier, Rinpoché regardait depuis son balcon Connie qui, en contrebas, prenait le soleil derrière la gompa, elle sortait d’une bronchite qui l’avait empêchée de suivre les sessions de la retraite. Après avoir discuté un peu, Rinpoché l’invita à venir l’aider à peindre la grande statue de Tara que Lama Yéshé avait envoyé Max chercher à […] Kathmandou. Cela me surprit beaucoup. Rinpoché accorda une grande attention à Connie et ils passèrent de longs moments à peindre ensemble. […]
Rinpoché lui expliqua avec précision comment la statue devait être peinte puis il demanda à une vieille parente arrivant du Solo Khumbou d’aider Connie. Lama Pasang avait commencé à construire sur un piédestal une petite maison, vitrée sur le devant, qui servirait de résidence à la statue. Lama Yéshé voulait que Tara surplombe un bassin triangulaire entouré de fleurs que l’on construirait sous le vieil arbre de la bodhi qui se dressait face à la gompa.
Pendant un certain temps, la statue inachevée resta sur le balcon attenant aux chambres des lamas, où chaque après-midi Connie passait quelques heures à peindre. Parfois Lama Yéshé sortait après son « repos » de l’après-midi et lui parlait, partageant parfois avec elle son « special tea ». « Ce thé était incroyable, moitié salé, moitié sucré, genre milkshake chaud au goût de thé, dit-elle. Cela ne ressemblait à rien de ce que j’ai pu goûter avant ou depuis lors. »
« Au bout d’un moment, la statue émigra vers la bibliothèque de Kopan, une grande pièce qui était aussi la chambre de Mummy Max, située juste au-dessus du bureau, et je continuais à venir y peindre. Jampa Cheukyi travaillait dans cette même pièce sur une thangka de Tara en soie appliquée, continue Connie. Chaque fois qu’elle montrait son travail à Lama, il lui criait dessus, disant que rien n’allait et qu’elle devait tout défaire. La façon dont Lama la bousculait était incroyable. Tel un couteau, il coupait court à toutes ses excuses. Jampa Cheukyi était une jeune et fière avocate espagnole, qui venait d’une famille fortunée, et j’avais beaucoup de respect pour elle et sa façon d’accepter toutes ces critiques. » Jampa Cheukyi termina deux thangkas en appliqué : celle de Tara partit au Manjushri Institute en cours d’année tandis que celle d’un Tchènrézi à mille bras rejoignit Lawudo.
Finalement le 16 mars, comme Pémo l’avait annoncé, Lama Yéshé conféra une initiation de Tara verte à un groupe d’étudiants auquel Connie put se joindre.
Un après-midi alors que la statue était quasiment finie, Lama montra à Connie divers paquets de perles précieuses destinées à orner la statue de Tara. « Lama me parlait souvent de Tara, évoquant même un jour « ses nombreux joyaux naturels de toute beauté ». « Naturellement, j’avais pensé en termes très concrets à des pierres précieuses, mais au vu du regard qu’il posa sur moi, je me rendis soudain compte qu’il parlait d’un autre type de joyaux, à savoir des qualités de Tara qui transcendent tout ce qu’il peut y avoir de physique. Je me sentis vraiment gênée de m’être montrée si lourdaude », se souvient Connie. »
Extraits d’enseignements sur Tara par Lama Yéshé (p498)
"Qu’est-ce que la divine mère Tara ? Qui est-elle ? Nous avons passé tout cet hiver à travailler à la préparation de notre statue de mère Tara. Je pense donc que vous en avez au moins acquis une bonne visualisation, la bonne compréhension de base de ce à quoi elle ressemble, enfin je l’espère.
La divine mère de sagesse est en fait l’incarnation de toutes les activités manifestées par tous les êtres suprêmes universels. Leurs actions prennent la forme de ce corps irradiant de lumière verte. Voilà pourquoi la méditation sur Tara peut engendrer des activités d’une incroyable puissance. En outre, les bénéfices de la méditation apportent des résultats très rapides, parce qu’elle a un aspect féminin. Or nous considérons que l’énergie féminine se caractérise par son répondant, étant beaucoup plus vive que l’énergie masculine. Tara est la déité favorite de tous les grands saints du Mahayana.
Cette profonde méthode du yoga de Tara, divine mère de sagesse, nous achemine vers les réalisations de paix éternelle de l’éveil, non pour notre seul bénéfice mais pour celui de tous les êtres.
[…] La posture de Tara est pleine de signification : sa jambe droite est étendue vers l’extérieur et le bas tandis qu’elle ramène sa jambe gauche vers elle. C’est le signe qu’elle est dans un contrôle total. Elle peut gérer complètement tous les problèmes de menstruation, toutes les humeurs émotionnelles changeantes faites de hauts et de bas, cette énergie féminine fluctuante. Elle a réalisé un contrôle total sur tous ces aspects et c’est magnifique. C’est pourquoi il est vraiment encourageant pour les femmes de comprendre l’essence réelle de Tara. Les femmes ont plus de capacité à prendre soin de leur corps, à le mettre en valeur, elles ont une meilleure compréhension de ces choses. Mais surtout, cela leur donne le courage de pratiquer cette méthode yogique, sachant qu’elles disposent de la même capacité que les hommes à obtenir l’éveil. Dans cette tradition du yoga tantra Mahayana, on ne fait aucune différence entre ce qu’hommes ou femmes peuvent accomplir. On ne dit jamais que les hommes peuvent accéder à des réalisations éveillées dans cette vie, mais les femmes, pas. Ce serait faux. Nous avons tous les mêmes capacités, les mêmes possibilités.
Sur le plan historique, quand Tara prit pour la première fois les vœux de bodhisattva, elle fit ce serment face aux Bouddhas : « Nombreux sont les bouddhas d’aspect masculin dans le monde, mais très rares sont ceux d’aspect féminin. Aussi je m’engage à toujours conserver ma forme féminine et à m’éveiller sous cet aspect afin d’aider les pratiquantes du Dharma à réussir. » Telle fut sa promesse. Tout pratiquant sérieux du Dharma qui s’engage dans cette pratique de la déité Tara, sera donc couronné de grand succès. Cette méthode yogique peut aussi servir à remplir ses objectifs de Dharma, à surmonter des problèmes, voire même à obtenir des choses matérielles, un équipement nécessaire à notre pratique du Dharma. Dans ce cas, vous pouvez vous servir de la pratique à ces fins, tout dépend clairement de votre motivation."
Mars au centre Kalachakra
Retrouvez ci-dessous le tableau des activités du mois de mars,
puis les suggestions d'Arnaud concernant les évènements marquants.
En mars au centre Kalachakra
Voici les évènements exceptionnels à ne pas manquer en mars 2026 au centre Kalachakra (en dehors des programmes d'études).
Ce mois-ci, nous démarrons deux nouveaux programmes qui méritent toute votre attention :
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Guéshé Dakpa va enseigner à partir du 8 mars un programme intitulé “La foi et la raison”. C'est l'occasion d'étudier une partie des “Stances de la voie du milieu”, le texte fondamental du maitre Nagarjuna sur la vacuité. Il s'agira de se centrer sur trois chapitres que Sa Sainteté le Dalaï-Lama a commentés à plusieurs occasions, en lien avec « Les trois principaux aspects de la voie » de Lama Tsongkhapa. Un des enseignements a été transcrit sous le titre « La foi fondée sur la raison » qui servira de référence. Ce programme fait partie du programme d'études approfondies du centre, et demande d'avoir déjà des bases ainsi qu’une première notion de la vacuité, qu'il permettra d'approfondir.
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Virginie CB et Isabelle présenteront “Un cœur attentif” à partir du lundi 9 mars à un rythme d'à peu près une fois par semaine. Il s'agit d'un nouveau programme de la Fondation pour le développement de la compassion et de la sagesse (FDCW) pour amener la sagesse bouddhiste dans notre quotidien. Chaque semaine, à travers un court enseignement, des méditations et des échanges, il s'agira de travailler à se libérer des schémas de pensée et des comportements destructeurs, ainsi qu’à développer des relations plus harmonieuses aux autres.
Parmi les autres événements exceptionnels :
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Le 3 mars, c'est le Jour des miracles, la fin d'une période de 15 jours particulièrement auspicieux pour la pratique, et un jour où les mérites sont démultipliés. Nous nous retrouvons pour pratiquer ensemble le Gourou yoga du Bouddha Shakyamuni.
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Les jeunes ont la parole le 14 mars au matin, pour partager sur leur pratique spirituelle.
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À partir du 16 mars, chaque lundi Vén. Gyaltsen guide une méditation sur la compassion et la récitation du Soutra de la lumière dorée, une pratique que Lama Zopa Rinpoché avait recommandée pour la paix dans le monde.
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Le 22 mars, nous accueillons un grand maitre, Kyabjé Sharpa Cheujé Rinpoché Ngawang Jordèn qui devrait devenir le futur Ganden tripa. Il enseignera sur les deux chemins pour développer Bodhicitta.
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Les 28 et 29 mars, Vén. Péma guide un week-end de pratique du mandala de l'esprit de Kalachakra, pour les personnes initiées dans cette pratique des hauts tantras.
Il y a aussi trois formidables retraites ce mois-ci :
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Une retraite de Vipassana du 28 février au 8 mars…
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Suivie de quelques jours de retraite de Mahamoudra jusqu'au 10 mars.
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Du 27 au 29 mars, une retraite avec Vénérable Denyeu (Elio) combinant la réalisation de tsa-tsas (des petites statuettes) de Vajrasattva et la pratique de purification associée à cette déité. Ce sera une occasion extraordinaire de générer des mérites et de purifier le karma négatif tout en décorant le centre de retraite.
Rencontre avec Khodom
Khodom est impliqué au centre depuis plus de 25 ans, et il met régulièrement ses compétences en audiovisuel au service du centre en tant que bénévole. Propos recueillis par Arnaud.
Comment t’es-tu retrouvé impliqué au centre ?
"Je traîne mes guêtres au centre depuis plus de vingt ans. Avant ça, je baignais déjà dans le bouddhisme du véhicule fondamental, le théravāda. Je suis né au Laos et j’ai été sensibilisé à la tradition bouddhiste dans ma famille. Petit, j’allais au temple. Ma mère faisait souvent allusion à la réincarnation et m’incitait à respecter la vie, les animaux, les insectes. Il y avait parfois des insectes qui venaient la nuit, attirés par la lumière, et ma mère me disait qu’il fallait éviter de les tuer, car ça pouvait être un ancêtre, un grand-père par exemple, qui venait nous rendre visite. Mes parents m’ont inculqué un mode de vie dans la tradition bouddhiste ainsi qu’à mes frères et sœurs. On aimait certes manger de la viande, mais ma mère nous encourageait à nous en détacher, en privilégiant davantage les légumes, en nous disant : « Nous ne sommes pas des tigres, nous mangeons aussi des légumes. »
Pendant longtemps, enfant puis ado, le bouddhisme ne m’a pas tant intéressé. Même si j’allais au temple parce que c’était une coutume, je me considérais comme athée. Cela a changé à partir de mes 26 ans. À ce moment-là, j’avais déjà vécu pas mal d’événements dramatiques dans ma vie et je me suis posé beaucoup de questions.
Puis, avec des amis, on s’est intéressé à la philosophie orientale et au bouddhisme. Parmi eux, il y avait Olivier Rossi, qui est devenu Vénérable, et c’est lui qui m’a incité à venir au centre au début des années 2000. Je venais le mercredi soir pour méditer. À l’époque, c’était le regretté Vén. Kunsang qui guidait les méditations, et souvent on était peu nombreux…
J’ai commencé à lire le Lam Rim de Guéshé Acharya Thubten Loden [le gros Lam Rim spiralé recommandé à DB ou au PEBA]. En le lisant, je me suis dit : « C’est exactement ça. » J’avais comme le sentiment d’être revenu à la maison, car cela répondait de manière très juste à beaucoup de mes questionnements.
Sur les conseils de Vén. Olivier, je suis allé étudier en résidentiel le PEBA, à Pomaia, en Italie, à l’Institut Lama Tsongkhapa, entre 2005 et 2008. Guéshé Jampa Gyatso, un proche de Lama Yeshe, y était le lama enseignant. Il m’a donné le refuge et est devenu mon maître. J’y suis resté plus de trois ans. Au décès de Guéshé Jampa Gyatso, je suis rentré en France pour travailler un peu, puis j’y suis retourné pour finir le programme.
Après ça, à mon retour à Paris, je me suis davantage concentré sur ma carrière. Et avec le peu de connaissances que j’avais pu acquérir, je continuais tout de même à réfléchir sur le dharma et à maintenir mes pratiques, en lien avec les initiations et engagements que j’avais pris. Pendant toutes ces années, à chaque fois que Sa Sainteté le Dalaï-Lama venait en Europe, j’allais suivre ses enseignements, une bonne dizaine de fois en tout.
C’est à partir de 2020 que je suis revenu fréquenter le centre. Il y avait un PEBA qui commençait et je sentais le besoin de mettre à jour mes connaissances sur le dharma, car je n’avais pas tout compris à l’époque, loin de là… (rires). Dès lors, ma compréhension est devenue beaucoup plus naturelle. C’était beaucoup plus clair. C’était comme si les graines que j’avais semées alors, et arrosées régulièrement pendant toutes ces années, commençaient à produire des fruits. C’est comme si ça me sautait à la figure. Je vois ça comme un très bon signe. Cela incite vraiment à la patience et à voir les choses sur le long terme. Et avec la familiarisation, au bout d’un moment les choses se mettent en place et la compréhension s’éclaircit.
Est-ce qu’il y a d’autres choses que tu fais ?
J’ai un travail très prenant dans le secteur du dessin animé et des séries pour enfants. Longtemps, Vén. Élisabeth m’a demandé de l’aide : elle voulait que je fasse des dessins pour le centre, mais je n’avais pas forcément le temps ni la disponibilité. Dernièrement, ça s’est un peu dégagé professionnellement. Cela me permet d’étudier un peu plus et d’être plus présent et impliqué au centre. Je suis en train de traduire en français des sous-titres d’une vidéo d’un enseignement de Lama Yeshe pour Losar.
Mais je t’ai vu aider ou participer à d’autres occasions…
Oui, c’est vrai. J’ai monté une vidéo pour le centre lors de l’événement du mandala de Tchenrezi, que j’ai filmé pendant une semaine en septembre dernier. Avant ça, il y a eu une vidéo sur le centre de Saint-Cosme. Maintenant, dès que je peux, je participe aux événements du centre.
Un mot de la fin ?
Dans le milieu du dharma et au centre, j’ai croisé beaucoup de gens qui se sont ensuite éloignés et que parfois je ne revoyais plus. Ils ont peut-être continué dans d’autres traditions, et certains ont peut-être aussi décroché.
Pourtant, il ne faut pas se décourager.
L’étude du Dharma permet de donner vraiment du sens à sa vie. Progressivement, la compréhension vient, puis la sagesse.
Il faut se montrer patient, ne pas s’emporter et se laisser du temps… « Relax », me disait souvent mon maître. Et à un moment, les choses finissent par mûrir. C’est sûr et certain. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est très concret.
La vacuité, l’éveil, cela peut paraître abstrait et parfois inaccessible, mais c’est bel et bien réel. Il faut s’efforcer d’avoir une vision à très long terme et continuer de battre les deux ailes de la bodhicitta et de la sagesse pour nous envoler vers l’éveil. J’en ai maintenant l’intime conviction. Tout cela n’est pas le fruit du hasard.
Comme le disait Lama Yeshe dans ses enseignements que je suis en train de traduire : « Check it up ! Check it ! Check it yourself. » Il faut le vérifier par soi-même, et au fond de soi-même."
Séquence rétro : dans les archives du centre Kalachakra
Chaque mois, nous ressortons du grenier une ou plusieurs photos qui nous rappellent de beaux moments.
C'est l'heure de la soupe, au centre de retraite !
